Pouvoirs réels ou imaginaires ?

Les aliments sont chargés de symboles. Leur représentation – positive ou négative – varie selon les cultures et les époques. En médecine traditionnelle chinoise par exemple, les qualités attribuées aux aliments reposent sur le principe du yin et du yang définissant la santé comme l’équilibre du corps. La santé s’organise notamment autour du « chaud » et du « froid » qui, en équilibre, permettent au Qi – substance fondamentale préservant l’activité vitale de l’organisme – de circuler correctement dans le corps. Aujourd’hui encore, particulièrement chez les femmes, les boissons traditionnelles (eau bouillie tiède, soupe, etc.) rééquilibrent la chaleur du corps et sont valorisées, alors que certaines boissons sucrées industrielles, classées comme froides, sont réservées à des contextes spécifiques de sociabilité. De ces propriétés découlent des vertus médicinales. Par exemple, pour le millet, aux propriétés légèrement froides, les trois principales vertus sont de soigner les inconvénients causés par la chaleur du corps, d’aider à dormir et de « nourrir le sang » afin de rétablir l’énergie yin du corps.
On peut trouver certaines similitudes, notamment cette notion d’équilibre, entre le yin et le yang et la théorie des humeurs de la médecine de l’Antiquité et du Moyen Âge en Occident.
Ainsi, les choix alimentaires sont en partie influencés par le principe d’incorporation, comme le soulignent des expressions françaises du langage courant : « manger du lion » rendrait aussi énergique ou agressif que l’animal...


5e colloque international, Je suis ce que je mange ?, 2016. Session 1 - L’aliment prévention santé, Guoqiang Li, « Chine : une histoire du millet comme aliment santé » (à regarder à partir de 11:00)