27 janvier 2012
Colloque inaugural
de la Chaire Unesco « alimentations du monde »

« Alimentation durable : un bien partagé ? »

Contexte et problématique

Le diagnostic de la situation alimentaire mondiale est très préoccupant : la FAO estime que deux milliards d’individus souffrent de la faim ou de carences alimentaires sévères et, selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé, environ un milliard de personnes seraient atteintes d’obésité.
Cette situation est aggravée par l’augmentation des prix des denrées alimentaires et par de nouvelles contraintes posées aux systèmes agraires : changements climatiques, spéculation financière, concurrence avec les biocarburants, etc.
Une « alimentation durable » serait liée à des modes de production agroalimentaire et de commercialisation qui respecteraient l’équité économique et sociale et préserveraient l’environnement, la santé et la diversité culturelle. Mais sous l’influence conjuguée de l’évolution des modes de vie, de la concentration et de la financiarisation de l’industrie agroalimentaire et de la distribution, le modèle alimentaire industriel de masse, qui tend à devenir dominant, répond de moins en moins à ces critères de durabilité. Dès lors se pose la question de savoir comment faire de l’alimentation durable un « bien commun ».

Ce colloque a pour objectif de présenter des points de vue de scientifiques, de représentants d’organismes publics et du secteur privé et d’acteurs de la société civile pour susciter des débats avec le public. Il n’a donc pas un caractère académique. La langue de travail sera le français.

Discours d’ouverture

  • Jacques MAILLET (Directeur de l’Institut des régions chaudes, Montpellier SupAgro)
  • Jean-Louis RASTOIN (Professeur émérite à Montpellier SupAgro, titulaire de la Chaire Unesco « alimentations du monde »)

Conférence inaugurale

Claude FISCHLER (Sociologue, Centre national de la recherche scientifique, directeur du Centre Edgar Morin, Paris)

Session 1

Comment mange le monde ?

A côté de la sous-nutrition existent des problèmes de malnutrition, par carence (la faim « cachée ») ou par excès (l’obésité). Ces questions de santé publique liées aux régimes alimentaires ne se posent pas partout de la même manière (certains régimes sont considérés comme modèles : Japon, Méditerranée) et on observe encore une grande variété de styles alimentaires dans le monde. Pourtant, une tendance globale se dessine vers une surconsommation calorique, avec une plus forte proportion de produits animaux et transformés.

  • Président : Nicolas BRICAS (Sociologue, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement – Cirad, Montpellier)
  • Ruth CHARRONDIÈRE (Nutritionniste, FAO, Rome)
  • Salamatou SOW (Linguiste, Université Abdou Moumouni, Niamey)

Session 2

Sécurité alimentaire : un objectif hors d’atteinte ?

Beaucoup reconnaissent aujourd’hui que l’objectif du Millénaire pour le développement des Nations unies, qui visait à réduire de moitié entre 1990 et 2015 la proportion de personnes sous-alimentées dans le monde, est désormais hors de portée. Le milliard d’individus qui souffre de la faim est-il donc condamné à des promesses sans lendemains ? Faudra-t-il se résoudre à l’idée que ce milliard représente une minorité d’« invisibles », victimes de conflits et d’États défaillants, et seulement pris en charge en situation d’urgence par le système international ? Retour sur une histoire longue du traitement de la sécurité alimentaire pour mieux en appréhender les ressorts.

  • Président : Damien CONARÉ (Secrétaire général de la Chaire Unesco « alimentations du monde »)
  • Olivier DE SCHUTTER (Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation)
  • Pedro Makumbundu KITOKO (Conseil national de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, Brésil)

Session 3

« Agropoly » : un système agroalimentaire mondial de plus en plus concentré et financiarisé ?

Alors que la population mondiale et la consommation alimentaire ne cessent d’augmenter, les secteurs de l’agrofourniture, de l’agroalimentaire et de la distribution sont de plus en plus concentrés, globalisés et financiarisés. Les grandes firmes multinationales deviennent, dans de nombreux pays et sur les marchés internationaux, les pilotes des filières du système alimentaire, du producteur au consommateur. Ces géants imposent de nouvelles normes de qualité et de traçabilité, uniformisent les systèmes agricoles et alimentaires, orientent les prix, etc. Quelles sont les perspectives d’une telle trajectoire ? Un autre modèle agroalimentaire est-il possible ?

  • Président : Bernard HUBERT (Président d’Agropolis International, Montpellier)
  • Serigne DIOP (Directeur de la recherche Nestlé Afrique de l’Ouest, Abidjan)
  • Vincent JACOB (Économiste, Crystal Consulting, Paris)
  • Raymond JUSSAUME (Sociologue, Michigan State University, États-Unis)

Synthèse et conclusions

Hassan BENABDERRAZIK (Ancien secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Maroc)