Alimentations particulières

En ouvrant la possibilité d’offrir un plat différent pour chaque personne grâce à une large variété de produits transformés, les sociétés industrielles sont propices à l’exception individuelle. Cela pose néanmoins la question de la composition de ces aliments. Dans ce contexte plutôt anxiogène d’individualisation, les consommateurs sont confrontés à un arbitrage permanent dans la rencontre avec leur nourriture.
Les régimes d’exclusion (sans sucres, sans viande, sans gluten, sans lactose, etc.) contraignent lourdement les pratiques alimentaires. Pour autant, ils sont minoritairement d’ordre médical : diabète, allergies alimentaires, maladie cœliaque, etc. Ils constituent souvent des choix personnels volontaires du fait de motivations éthiques, politiques, religieuses et/ou sanitaires.
Dans les sociétés occidentales, plusieurs tendances se développent avec comme préoccupations majeures la santé et la protection de l’environnement. La surabondance de produits transformés est un des facteurs qui poussent certains mangeurs à se tourner vers une alimentation de plus en plus « naturelle ». Le marché du bio progresse et la tendance végétarienne se développe, avec des revendications autour de la sécurité sanitaire et de la souffrance animale, en allant du flexitarisme (diminution de la consommation de viande) au véganisme (au-delà de la consommation alimentaire, aucun produit issu de l’exploitation animale n’est utilisé).
Ces « alimentations particulières », qui conduisent à des phénomènes de co-consommation, remettent en question la dimension de partage associée au fait de manger ensemble.


1er colloque international, Alimentation durable : un bien partagé ?, 2012. Claude Fischler, Conférence inaugurale (à regarder entre 30:10 et 38:55)
5e colloque international, Je suis ce que je mange, 2016. Session 2 - Les alimentations particulières, Laurence Beck, « Le marché des alimentations alternatives »
 
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