La cuisine : lien social ou stigmatisation ?

Si notre identité sociale et personnelle se définit au travers de notre groupe d’appartenance, l’alimentation constitue également une distinction sociale. Par exemple, les aristocrates ont cherché à se distinguer en adoptant de nouveaux comportements via la gastronomie, en liant étroitement alimentation et prestige. Par phénomène d’imitation, le « goût » se diffuse en cascade – du haut vers le bas de l’échelle sociale –, poussant sans cesse les classes dominantes à adopter de nouveaux comportements pour continuer à se distinguer.
L’alimentation, influencée par des facteurs économiques, éducatifs, d’accessibilité, de temps, etc., reflète aujourd’hui encore la catégorie socioprofessionnelle d’un individu. Toutefois, la marge entre distinction et exclusion sociale est parfois étroite. En situation de précarité, les sphères inclusives – approvisionnement, préparation, partage – de l’alimentation sont particulièrement mises à mal. Le fait de « mal manger » est vécu comme une situation d’exclusion sociale.
Pour autant, la nourriture amène à rencontrer l’autre et peut permettre de rassembler différentes populations, quel que soit le statut social. Dans les camps de réfugiés, la cuisine est parfois utilisée pour créer du lien entre populations accueillante et réfugiée. Autour d’un moment de rencontre, de partage, la cuisine rassemble et fédère. Elle réduit l’altérité de l’autre autour de la convivialité du repas


6e colloque international, Se nourrir de plaisir, 2017. Teresa Corção et Damien Careme, Discussion « Une gastronomie engagée »
6e colloque international, Se nourrir de plaisir, 2017. Session 2 - Un plaisir partagé, Magali Ramel, « Valoriser le plaisir et le rôle social de l’alimentation »
7e colloque international, Les aliments voyageurs, 2018. Kamal Mouzawak - « La cuisine en partage et en héritage »
 
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