Socialisation alimentaire de l’enfant

La transmission de valeurs ou de normes s’inscrit dans un éventail de pratiques routinières en lien avec l’espace géographique, social et culturel. L’environnement familial joue un rôle central dans le processus de socialisation alimentaire et l’apprentissage des manières de table, déterminant l’intégration de l’enfant à sa famille et au monde adulte.
Le statut de l’enfant évolue et ses goûts alimentaires s’affirment suivant différentes étapes d’intégration progressive dans le cercle familial. Incorporer les aliments du groupe symbolise l’appartenance à ce même groupe. Par exemple, au Cameroun, c’est la marmite qui est au cœur des transitions alimentaires par lesquelles passe l’enfant et une fois intégré, il mangera les repas cuisinés dans la marmite familiale.
De plus, le plaisir collectivement partagé est souvent mobilisé comme levier d’éducation alimentaire. Les questions de transmission sociale se posent alors différemment à ceux qui ne peuvent pas manger les aliments du groupe – par exemple, le pain et le fromage en France –, comme les enfants poly-allergiques.
Cette influence de l’entourage, dont les mangeurs n’ont pas forcément pleinement conscience, va perdurer tout au long de la vie, de façon plus ou moins marquée, même si de nombreux facteurs extérieurs font évoluer ces modèles alimentaires familiaux.


5e colloque international, Je suis ce que je mange ?, 2016. Session 2 - Les alimentations particulières, Mohamed Merdji, « Quelle acceptabilité de menus spéciaux proposés en restauration collective ? »
 
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