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Alimentation des villes, quels rôles des collectivités du Sud ?

Fruit d’une collaboration entre la Chaire Unesco Alimentations du monde et l’Agence française de développement, cet ouvrage vise à montrer, par de nombreux exemples, ce que des villes d’Afrique, Asie et Amérique latine entreprennent depuis quelques années pour sécuriser l’alimentation de leur population et la rendre plus durable.

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Cet ouvrage s’adresse aux responsables politiques, aux cadres techniques des collectivités territoriales et aux acteurs de la coopération internationale intervenant dans les domaines du développement et de l’aménagement urbain, du développement agricole et de la sécurité alimentaire. Il vise à montrer, par de nombreux exemples, ce que de nouveaux acteurs des politiques alimentaires que sont les villes, entreprennent depuis quelques années pour sécuriser l’alimentation de leur population et la rendre plus durable. Plus particulièrement, l’ouvrage est consacré aux politiques alimentaires des villes d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine.

Les politiques urbaines impactant l’alimentation ne sont pas nouvelles. Les pouvoirs municipaux se sont toujours préoccupés de garantir d’une part un approvisionnement alimentaire régulier et d’autre part une qualité sanitaire des aliments pour leur population. Leurs interventions ont pris des formes très variées au cours des siècles jusqu’à ce que les États prennent progressivement le contrôle des politiques alimentaires (Daviron et al., 2017). Mais les politiques urbaines ont aussi une influence sur l’agriculture et l’alimentation même si elles sont menées avec d’autres objectifs. Elles visent par exemple à réduire les encombrements de la circulation (en sortant les marchés de gros à l’extérieur de la ville), à attirer les enfants à l’école (en leur offrant le repas de midi), à percevoir des taxes (en aménageant des marchés) ou à assainir les quartiers (en recyclant les excrétas), etc.

Depuis quelques années, des gouvernements locaux urbains comme de plus en plus d’urbanistes s’intéressent à nouveau à l’alimentation. Elle constitue en effet une composante essentielle du bien-être des citadins et une source de préoccupation. Les flambées de prix ou les crises sanitaires peuvent générer des crises sociales. Ainsi, des villes commencent à construire de véritables politiques pour sécuriser et améliorer l’accès à l’alimentation. Pour cela, elles mobilisent des leviers existants en leur assignant de nouveaux objectifs, ou innovent.

D’après les Nations Unies, les villes concentrent aujourd’hui un peu plus de la moitié de la population mondiale mais consomment les deux tiers de l’énergie et émettent 70 % des gaz à effet de serre. À l’échelle mondiale, le système alimentaire contribue entre 19 et 29 % à cet impact environnemental (Vermeulen et al., 2012). Dans ce contexte, des réseaux internationaux de collectivités territoriales s’organisent pour affirmer le souhait des villes et des régions de contribuer, en complémentarité des États, à la construction de systèmes alimentaires plus durables. Ce mouvement de mise en réseau de villes concerne tous les continents tant dans des pays plutôt agricoles que dans des pays industrialisés. Leurs préoccupations alimentaires prioritaires tendent à converger vers la prise en compte des enjeux de durabilité mais elles diffèrent selon les situations. Dans les pays anciennement industrialisés et désormais de façon émergente dans les pays en transition, les citadins cherchent à retrouver des liens plus directs avec leur alimentation, soucieux d’opter pour des modes alimentaires plus sains et plus responsables.

Dans les pays du Sud, les objectifs principaux sont d’assurer la sécurité alimentaire d’une population urbaine toujours porteuse de risques de crises sociales et politiques, de « moderniser » les circuits d’approvisionnement, de logistique et de distribution, et pour les pays largement dépendants des importations alimentaires, de mieux connecter la production nationale aux marchés urbains. [...]

 

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