Après l’été des records, les territoires appellent à une nouvelle politique alimentaire

À l’occasion des 4es Assises territoriales de l’agroécologie et de l’alimentation, réunies les 21 et 22 septembre 2026 à Dijon, les acteurs des territoires publient une nouvelle Déclaration et 18 propositions pour faire de la résilience et de la souveraineté alimentaires une priorité politique.

Depuis plus de 10 ans, les politiques alimentaires territoriales ont continué de s’affirmer comme un levier majeur de la transition agroécologique. La publication de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) a reconnu leur rôle et fixé des objectifs ambitieux. Partout en France, collectivités, agriculteurs, entreprises, associations, chercheurs et citoyens renforcent leurs coopérations et multiplient les initiatives en faveur de systèmes alimentaires soutenables. À l’échelle européenne également, le rôle des territoires dans la transformation des systèmes alimentaires est de plus en plus reconnu, qu’il s’agisse de la commande publique, du droit à l’alimentation, des réseaux de villes engagées ou des coopérations internationales.

Dans le même temps, les connaissances scientifiques et les expérimentations conduites dans les territoires continuent de documenter les liens étroits entre alimentation, santé, climat, eau, biodiversité et cohésion sociale. Elles permettent la co-construction d’innovations avec les acteurs et les citoyens, favorables à l’évolution des modes de production et de consommation. Elles confirment l’aspiration d’une large majorité d’agriculteurs et de citoyens à engager les transitions nécessaires.

Pourtant, ces avancées demeurent encore isolées ou insuffisamment mises en valeur. De nombreuses réglementations environnementales ont été remises en cause au nom de la simplification. Les difficultés économiques du monde agricole persistent, y compris pour celles et ceux qui s’engagent dans des changements de pratiques. Les moyens financiers consacrés aux politiques alimentaires territoriales restent largement insuffisants au regard des ambitions affichées. Certaines transitions ralentissent, qu’il s’agisse du développement de l’agriculture biologique, de la réduction des pesticides, de l’adaptation aux changements climatiques ou de la préservation de la biodiversité. Enfin, les débats publics sur l’agriculture et l’alimentation demeurent trop souvent enfermés dans la gestion des crises et des oppositions de court terme, au détriment d’une approche systémique et de long terme.

Ces deux dernières années montrent que les connaissances progressent plus vite que les politiques publiques et que les initiatives locales se développent plus vite que leur reconnaissance institutionnelle. Les attentes des citoyens, des collectivités territoriales et d’une large partie des acteurs économiques peinent encore à trouver leur traduction dans les décisions publiques. L’enjeu n’est plus d’identifier des solutions. Elles existent, elles sont expérimentées, évaluées et portées chaque jour par les territoires. L’enjeu est désormais de créer les conditions politiques, économiques et démocratiques permettant leur déploiement à grande échelle. C’est l’ambition de cette nouvelle Déclaration des Assises territoriales de l’agroécologie et de l’alimentation.

18 propositions, 5 priorités

Réunis à Dijon en Assises, les acteurs de l’alimentation des territoires lancent un appel à :

  • Élaborer les politiques publiques selon une approche « Une seule santé » puis les évaluer selon des indicateurs partagés, en s’appuyant sur la recherche
  • Faire des stratégies alimentaires territoriales le cadre de la planification à long terme, en s’appuyant notamment sur les PAT
  • Donner aux territoires les moyens humains, réglementaires et financiers d’agir dans la durée
  • Garantir la gouvernance territoriale et les moyens pour gérer durablement la ressource en eau
  • Sécuriser les critères de proximité dans la commande publique, comme cela se fait ailleurs en Europe, pour soutenir les filières locales et durables
  • Renforcer le pouvoir d’agir des collectivités sur le foncier agricole
  • Faire du renouvellement des générations et de la gestion du foncier des leviers de transformation agroécologique
  • Créer les conditions nécessaires à la transformation agroécologique en proposant des innovations, un accompagnement technique et en assumant collectivement l’investissement et les risques associés
  • Structurer des filières reconnectant production, transformation, distribution et consommation qui permettent une alimentation locale de qualité pour les habitants et consolident l’économie territoriale
  • Anticiper et planifier l’évolution des infrastructures agroalimentaires stratégiques vers des outils territorialisés
  • Organiser la circularité des ressources dans les systèmes alimentaires
  • Soutenir les démarches territoriales en faveur du droit à l’alimentation et de la démocratie alimentaire
  • Agir sur les environnements alimentaires pour permettre des choix sains et durables
  • Inscrire le droit à l’alimentation dans le droit français
  • Rendre transparente la formation des prix, mieux répartir la valeur et prendre en compte les impacts sociaux, sanitaires et environnementaux
  • Garantir des échanges commerciaux soutenables pour les producteurs, les mangeurs et l’environnement, compatibles avec une véritable souveraineté alimentaire

Lire le texte complet et soutenir la Déclaration sur le site des Assises