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La solidarité des supermarchés coopératifs envers les producteurs locaux 

Francesca Monteverdi

MOTS-CLÉS : SYSTÈMES ALIMENTAIRES ALTERNATIFS, CIRCUITS COURTS, SOLIDARITÉ, PROXIMITÉ

Les supermarchés coopératifs sont des initiatives citoyennes qui revendiquent le pouvoir d’achat des consommateurs et dans le même temps s’engagent sur des dimensions sociales et environnementales de l’alimentation. Les supermarchés coopératifs La Cagette à Montpellier et BEES coop à Bruxelles ont pour objectif la lutte contre les inégalités alimentaires via l’approvisionnement en produits de qualité issus de pratiques et d’échanges durables à des prix accessibles à tous. D’une part, ils cherchent à valoriser le travail des agriculteurs et promouvoir les circuits courts. D’autre part, ils essayent de rendre l’alimentation saine et accessible au plus grand nombre. Ces objectifs sont difficiles à concilier et mettent les supermarchés en recherche continuelle d’un équilibre subtil entre l’accessibilité de l’offre alimentaire et une juste rémunération des producteurs (Figure 1).

Face à cet enjeu d’équilibre, quelles formes de solidarité les supermarchés coopératifs arrivent-ils à créer avec les producteurs locaux ?

LES STRATÉGIES DE RECONNEXION DES SUPERMARCHÉS COOPÉRATIFS : DES CIRCUITS COURTS DE PROXIMITÉ ?

Principe et histoire des supermarchés coopératifs
Les supermarchés coopératifs et participatifs sont des coopératives de consommateurs qui s’organisent pour proposer une alternative à la grande distribution alimentaire. Ces modèles se distinguent par la participation de leurs membres-coopérateurs dans la gouvernance, l’organisation et le fonctionnement du supermarché. Les adhérents décident des orientations du supermarché, ils fournissent trois heures de travail bénévole par mois et ils sont les seuls à pouvoir acheter les produits vendus. Les premières expériences de coopératives de consommation datent du XIXe siècle, mais le concept a pris une nouvelle ampleur avec le projet Park Slope Food Coop à New York dans les années 1970, qui a donné vie au premier supermarché coopératif d’aujourd’hui. Depuis les années 2000, des supermarchés coopératifs se développent en France et dans le reste de l’Europe. La Cagette et BEES coop ont été inaugurées en 2017.

Le concept de circuits courts de proximité
Selon la définition du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, un circuit court est un mode de commercialisation des produits agricoles qui s’exerce soit par la vente directe du producteur au consommateur, soit par la vente indirecte à condition qu’il n’y ait qu’un seul intermédiaire. Le « circuit court de proximité » ajoute à la définition des circuits courts la notion de proximité entre les acteurs du territoire : « Le circuit de proximité est donc un circuit de commercialisation qui mobilise les proximités géographique et organisée entre acteurs du système alimentaire en permettant ainsi une meilleure viabilité économique pour les producteurs. » (Praly et al., 2014, p. 463). Le cadre d’analyse proposé pour identifier les caractéristiques structurantes et l’interaction entre acteurs au sein des circuits alimentaires décline la proximité en quatre dimensions (Praly et al., 2014, p. 464) :
• dimension spatiale : échelle géographique renseignant une distance entre le lieu de production et le lieu de consommation ;
• dimension fonctionnelle : moyen d’acheminer et de transformer le produit de la production à la consommation ;
• dimension relationnelle : moyen de renforcer les conditions de l’échange marchand, et notamment la question de la confiance, de partage de valeurs et de connaissances, etc. ;
• dimension économique : relocalisation des flux économiques avec une meilleure répartition de la valeur ajoutée, des prix rémunérateurs, un engagement réciproque, etc.

Tout en garantissant une offre diversifiée et accessible aux consommateurs, quelles sont les nouvelles formes de solidarité entre les producteurs et ces supermarchés ? La promotion d’une agriculture locale et la construction de relations équitables [1] avec les producteurs sont des valeurs au cœur des deux supermarchés coopératifs. À La Cagette, comme chez BEES coop, un tiers de l’approvisionnement vient de la vente directe. Les deux supermarchés ont tissé des collaborations de longue date avec des agriculteurs, basées sur des liens de confiance et de partage de valeurs. Mais quels sont les autres facteurs pris en compte par ces supermarchés ? Regardons s’il s’agit de circuits courts de proximité.

COMMENT LES SUPERMARCHÉS COOPÉRATIFS S’APPROVISIONNENT : DIMENSIONS SPATIALE ET FONCTIONNELLE

Les deux supermarchés adoptent des politiques d’approvisionnement qui favorisent les achats en direct auprès des producteurs locaux. Les fruits et légumes sont en majorité d’origine régionale sauf quand il y a des contraintes liées à la saisonnalité et aux volumes. Les deux adoptent une politique de marge unique autour de 20 % sur tous les produits. Il s’agit du seul surcoût appliqué. Il garantit ainsi une certaine transparence sur les vrais prix des produits. Par contre, les deux supermarchés coopératifs se différencient par leur offre et par leur processus décisionnel dans les choix d’approvisionnement (Figure 2).

Choisir les produits en collectif : la charte produit
Chez BEES coop, la stratégie d’achat donne la priorité à des produits dits durables, c’est-à-dire issus d’échanges équitables privilégiant d’abord l’achat de produits provenant d’agriculteurs locaux, avec une forte préférence pour l’agriculture biologique, soit 90 % de l’offre en magasin. À produit équivalent, BEES coop privilégie l’origine géographique la plus proche : quand la différence de prix entre un produit alimentaire belge et un produit d’une autre origine est de moins de 15 %, c’est l’origine belge qui est retenue. Cependant, les conditions de saisonnalité ont un fort impact sur l’origine de produits chez BEES coop. Le supermarché est ainsi obligé de passer par des grossistes pour garantir une diversité de l’offre à certains moments de l’année.

Depuis 2020, le supermarché s’est doté d’une charte produit, issue d’un travail de co-construction avec les coopérateurs. La charte fixe les critères à suivre dans la sélection des produits du magasin en considérant les aspects environnementaux, sociaux et économiques liés à la production du produit et à son accessibilité pour le consommateur. Les produits sont choisis sur la base d’un ou plusieurs critères, mais le critère économique ne peut pas être le seul facteur pris en compte dans l’achat du produit par le supermarché.

Organiser l’offre et la demande : le plan de culture
La Cagette a fait le choix de ne pas se doter d’une charte produit, mais dès le début elle a réuni les producteurs autour de la table. Après une étude des besoins, les salariés élaborent chaque année un plan de culture qui définit les volumes d’achat et les types de produits à acheter mois par mois à chaque producteur. Cela permet aux agriculteurs de planifier en avance et d’avoir des débouchés sûrs et réguliers. Les achats sont organisés afin d’éviter au maximum la compétition entre les différents producteurs qui fournissent le magasin. La Cagette achète sur la base de prix et de volumes fixés pour l’année et il y a peu de variation d’une année sur l’autre. Les agriculteurs s’engagent à fournir le supermarché sur cette base, et La Cagette garantit une certaine flexibilité en cas de problèmes de production. Les producteurs sont indépendants dans la fixation des prix, mais en cas d’augmentation importante du prix la quantité achetée sera minorée.

Par ailleurs, pour garder l’offre accessible à tous, le supermarché propose aussi des produits issus d’une agriculture plus conventionnelle. La Cagette applique la logique du « produit complémentaire » : à côté des produits de haute qualité mais plus coûteux, une alternative moins chère est proposée. C’est au consommateur de faire son choix.

Dans les deux supermarchés coopératifs, la gestion de la logistique reste à la charge des producteurs et représente un point critique. Selon un des producteurs fournissant La Cagette, « ce qui devient pour moi plus compliqué c’est la livraison... Le mieux serait d’avoir une voiture qui puisse collecter les commandes chez les producteurs et livrer tous directement » (Rodriguez, 2022). Les producteurs locaux livrent leurs produits directement aux magasins et un système de mutualisation de transport semble compliqué à mettre en place pour le moment.

COMMENT PROMOUVOIR DU LIEN : DIMENSIONS RELATIONNELLE ET ÉCONOMIQUE

Les deux supermarchés ont des collaborations avec des producteurs locaux qui ont développé ou renforcé leur projet d’installation agricole en même temps que la création des supermarchés. Ces producteurs partagent avec les supermarchés un ensemble de valeurs, comme le soutien de l’agroécologie ou la contestation du système alimentaire. Motivés par une relation de confiance et par la transparence de cette relation, les producteurs considèrent les supermarchés coopératifs comme un débouché économique précieux pour valoriser leur production. Ils leur vendent directement leur production. Les deux supermarchés ont une politique de non négociation des prix. Cette pratique se combine avec la politique de la marge unique appliquée sur tous les produits vendus en magasin, ce qui permet aux producteurs locaux de rester les seuls décideurs des prix qu’ils appliquent.

BEES coop : la force des partenariats
En raison des conditions pédoclimatiques contraignantes et d’une charte produit qui limite parfois la flexibilité d’action, le nombre de producteurs en vente directe reste limité. Toutefois, les relations créées avec ces producteurs relèvent d’une forte volonté de soutien et de valorisation du travail des agriculteurs. Membre du collectif belge 5C [2] pour la promotion des circuits courts, la coopérative belge privilégie les rapports commerciaux avec les coopératives, associations et entreprises à finalité sociale. Elle promeut le modèle coopératif et plus généralement, celui de l’économie sociale et solidaire. Au centre de ces valeurs il y a « encourager une économie locale en créant des partenariats sur le long terme, avec des producteurs de la région [3] ». Un des maraîchers de BEES coop définit le supermarché comme un client précieux, « il est rare de trouver un client qui partage les mêmes valeurs » (Daniel, 2022).

Cependant, des questions de compétition interne entre producteurs locaux restent à clarifier. Une réflexion est en cours sur la création d’un plan de culture co-construit avec les producteurs pour planifier les achats selon le principe « une famille de produit – un producteur ». La planification de la production et la répartition des volumes et types de produits entre les producteurs, comme à La Cagette, pourrait rendre cette compétition moins forte.

BEES coop a aussi effectué des paiements anticipatifs aux producteurs afin d’augmenter les capacités d’investissement de ses maraîchers. Après discussion avec ceux-ci, le supermarché se questionne actuellement sur l’institutionnalisation de ce mécanisme de soutien financer. Dans le cadre du plan de culture, un autre projet de soutien financier pourrait permettre de payer aux maraîchers 40 % de la production totale pour le démarrage de la saison.

Enfin, BEES coop réfléchit à une stratégie d’achat des invendus des producteurs locaux pour la production de conserves dans sa cuisine ouverte qui permettrait d’alimenter les liens sociaux dans le quartier.

La Cagette : à la recherche de la juste rémunération
À La Cagette, une douzaine de producteurs ont commencé leurs activités avec la vente au supermarché coopératif et six ou sept d’entre eux ont instauré leur collaboration depuis la création de la coopérative. Au-delà du lien de confiance et de la transparence de la relation commerciale, le soutien du supermarché à l’installation des exploitations est aussi économique. Selon un maraîcher qui a décidé de s’installer au moment de la création de La Cagette, « la principale motivation dans le choix de cette collaboration est la juste rémunération. La Cagette, c’est quelque chose de fiable et dans la durée. Dans les autres magasins, les prix fluctuent en fonction du marché et il n’a pas forcement de régularité ni de transparence dans les échanges. D’un jour à l’autre on peut perdre un débouché sans préavis. Je sais qu’à La Cagette, ça ne se passera pas » (Rodriguez, 2022).
Les producteurs sont en général satisfaits de leur rémunération et de la relation commerciale créée avec le supermarché : la communication est claire et la politique d’achat flexible va à la rencontre de leurs besoins.

Enfin, l’influence de la collaboration sur le choix des itinéraires techniques et sur les pratiques durables des exploitations est minime. Les producteurs interrogés étaient déjà dans des démarches de conversion au bio au début de leur relation commerciale avec les supermarchés, et ainsi la collaboration producteurs-supermarché ne semble pas avoir d’impact sur le choix des itinéraires techniques appliqués sur les exploitations.

Un lien champs-fourchette à renforcer dans les deux cas
Ces initiatives cherchent à reconnecter les consommateurs avec les producteurs en recréant de la proximité entre les acteurs. Toutefois, au-delà des salariés, les coopérateurs ont peu d’occasions de rencontrer les producteurs. S’il y avait des rencontres organisées entre producteurs et consommateurs dans le passé, ces espaces sont pour le moment limités à cause de la crise sanitaire.

En tant que coopératives de consommateurs, la proximité relationnelle privilégiée est celle avec les coopérateurs et non celle avec les producteurs (Lanzi et al., 2021). Concernant le choix des produits, les salariés des supermarchés interrogent d’abord les coopérateurs et cherchent dans un second temps les producteurs pouvant répondre à leurs besoins. Ceci est particulièrement marqué chez BEES coop avec la charte produit. Les produits vendus dans les deux magasins doivent aussi respecter une certaine standardisation. Même s’il y a des logiques de circuits courts, les coopérateurs sont aussi attentifs au côté esthétique du produit. « Pour moi c’est les plus beaux produits qui partent à La Cagette. Je sais qu’il y a une attente des consommateurs de présentation commerciale. Ça reste quand même un supermarché qui a besoin d’un beau produit avec une belle présentation », affirme l’un des producteurs (Rodriguez, 2022).

De plus, le fait d’être un supermarché impose le respect d’une façon plus ou moins standardisée de l’affichage de l’offre dans le magasin. Les deux supermarchés ne font pas de campagnes marketing sur les produits, mais fournissent quelques efforts de valorisation du travail des producteurs et de leurs produits : lettres d’information à destination des coopérateurs, stands des producteurs dans le magasin ou encore création de fiches de présentation sur le site web.
Par ailleurs, les producteurs montrent une bonne connaissance du modèle et du fonctionnement du supermarché coopératif. Plus encore, à La Cagette certains producteurs sont aussi coopérateurs et des coopérateurs deviennent producteurs. Nous pouvons nous interroger sur la pertinence et la possibilité d’intégrer dans le futur les producteurs dans la gouvernance ou les groupes de travail du supermarché, afin qu’ils puissent participer aux prises de décision qui les concernent.

LIMITES ET PERSPECTIVES

Les deux supermarchés coopératifs arrivent à créer des relations de confiance avec des producteurs locaux qui peuvent s’inscrire dans les circuits courts de proximité. Les solidarités présentées reposent sur des stratégies différentes. D’un côté, les relations personnelles des salariés avec certains producteurs ont permis de construire un réseau et d’organiser l’offre et la demande à travers un plan de culture. De l’autre côté, l’élaboration d’une charte produit a redonné la voix aux consommateurs sur le choix de leur alimentation et a été accompagnée par le soutien ponctuel aux producteurs à travers des prêts financiers (Tableau 1).

Les limites du modèle
L’offre alimentaire dans les supermarchés coopératifs cherche à concilier plusieurs enjeux qui semblent pourtant incompatibles. Notamment, pour justifier un prix plus élevé, il est nécessaire de faire un effort pédagogique majeur concernant la communication et le partage d’information sur les produits. Dans le cas de La Cagette avec la pratique du « produit complémentaire » citée plus haut, si cette démarche n’est pas accompagnée d’une information aux consommateurs sur la valeur ajoutée du produit plus coûteux, le risque est de favoriser une logique de « marché des citrons » où les mauvais produits chassent les bons (Akerlof, 1970) [4] . Afin de mieux valoriser les métiers des agriculteurs et de renforcer la relation entre consommateurs et producteurs, ces derniers soulignent la dimension relationnelle comme faisant partie de la dynamique des circuits courts et étant importante à cultiver. Par exemple, il pourrait être envisageable de faire visiter les exploitations par les coopérateurs. Un juste équilibre est à trouver entre la nécessité de moments de partage pour améliorer la connaissance réciproque et la surcharge de travail des producteurs. La question est à présent de savoir comment les supermarchés coopératifs peuvent prendre le relai.

Les pistes d’amélioration
La mobilisation du réseau et l’inclusion des producteurs dans le choix d’approvisionnement du magasin grâce au plan de culture se révèle une stratégie de soutien efficace. Cela permet de faciliter le travail des producteurs et de limiter la compétition interne. Toutefois, la gestion des fournisseurs reste problématique et demande beaucoup de travail dans les deux supermarchés. L’amélioration de la logistique pourrait être une marge de manœuvre. Pour le moment, les produits sont livrés directement par les producteurs ou des intermédiaires logistiques organisés par eux. Des discussions sur la mutualisation du transport sont en place à Montpellier et à Bruxelles.

Dans le jeu d’équilibre entre solidarité envers les producteurs et recherche d’accessibilité à tous, la réduction des coûts de production pourrait avoir un rôle important. La mise en place par exemple d’un service de logistique en commun, de stratégies de soutien financier aux producteurs et l’achat des invendus sont autant de pistes pour simplifier le travail des producteurs et qui pourraient avoir un impact sur le prix final payé par le consommateur. Une autre piste pourrait être de définir une marge plus faible pour les produits de base, afin de garantir l’accès des produits aux consommateurs les plus précaires (Fourat et al., 2020).

CONCLUSION

Les deux expériences montrent que le travail en réseau est une solution collective à des problèmes sociétaux. Toutefois, les déséquilibres du marché sont si forts que ces initiatives n’arrivent pas à garantir l’accessibilité de tous les produits à tous et en même temps à assurer la bonne rémunération des producteurs. Pour garantir l’accessibilité, ces structures sont contraintes de choisir entre le recours à des grossistes et l’élargissement de leur gamme aux produits de l’agriculture conventionnelle. Pour trouver le juste équilibre, le rôle et la responsabilisation des institutions pour accompagner ces initiatives et redéfinir les règles du jeu restent donc essentiels.

Auteure : Francesca MONTEVERDI


[1Une relation commerciale équitable prévoit des échanges économiques fondés sur le dialogue, la transparence, le respect et la juste rémunération du travail des agriculteurs.

[2Le Collectif des coopératives citoyennes pour le circuit court (5C) rassemble une quarantaine de coopératives citoyennes belges.

[3Site web de BEES coop : bees-coop.be

[4Inspiré par le marché de l’automobile d’occasion aux États-Unis, où les voitures de mauvaise qualité sont appelées « lemons », Akerlof élabore la théorie de « marché des citrons », ou principe de sélection adverse. Dans ce marché, seul le vendeur connaît la valeur et l’état du bien. Ceci comporte une asymétrie d’information entre acheteurs et vendeurs qui pousse les premiers, incapables de distinguer les produits de bonne qualité, à choisir les produits moins chers.