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« Glocaliser » l’alimentation

- Résumé du parcours -

L’alimentation s’inscrit dans différents espaces géographiques et différentes temporalités. Elle représente à la fois le proche et le lointain, l’ancien et le nouveau, le familier et l’inconnu. Pourtant, des changements dans nos modes de production, de transformation et de consommation alimentaires font craindre une dilution de cette richesse dans un modèle unique. Mais la mondialisation n’entraîne pas l’émergence d’une alimentation uniforme. Elle reflète le développement d’une grande variété de régimes alimentaires, partageant des traits communs. Car si les échanges induisent des rapprochements, ils font aussi l’objet d’adaptations et de résistances dans les contextes locaux. La mondialisation a toujours imprégné le commerce alimentaire, modifiant nos paysages culinaires et renouvelant nos pratiques alimentaires au gré des découvertes gastronomiques et des rencontres humaines. Ces flux alimentaires s’inscrivent dans l’histoire de l’humanité, celle des grandes découvertes, des conquêtes, de la colonisation, de l’esclavage et des nombreuses migrations humaines qui ont jalonné les siècles.


Convergence ou diversité des pratiques alimentaires ?

- Que retenir ? -

Des mutations de l’offre et de la demande alimentaires se font jour. L’industrialisation et la massification de la production ont permis de démocratiser l’accès à une alimentation diversifiée et abondante. On observe une convergence des grands équilibres de consommation au niveau mondial. La diffusion de produits issus de l’industrie agroalimentaire et des chaînes de restauration rapide partout dans le monde laisse planer l’ombre d’une uniformisation de nos assiettes.


Une tendance à la convergence

L’adaptation de nos modes de vie aux transformations démographiques, sociales et économiques à l’œuvre, dont notamment la hausse globale du niveau de vie des populations, s’accompagne de changements majeurs dans les systèmes et pratiques alimentaires. L’industrialisation de la production, de la transformation et de la distribution a entraîné une massification de la production, une meilleure qualité sanitaire des aliments et une diminution considérable des prix. Cette abondance et cette diversité alimentaires rendent plus accessible et disponible une alimentation saine, sûre et de qualité, ce qui se traduit par un recul de la faim et un allongement de l’espérance de vie dans le monde.

On observe également des changements dans les modes de consommation. Cette transition nutritionnelle se manifeste à la fois par une hausse des quantités consommées et par une évolution de la composition de la ration alimentaire, qui tend à s’harmoniser au niveau mondial. Un glissement s’opère, de régimes alimentaires principalement à base de céréales, légumes et tubercules à une alimentation plus diversifiée, à forte teneur en sucres rapides et en lipides. La dynamique la plus forte concerne l’augmentation de la consommation de produits d’origine animale dans les pays en développement. La transition alimentaire est associée à une transition épidémiologique. Aux problèmes de carences en micronutriments se substituent progressivement des maladies chroniques non transmissibles (obésité, maladies cardio-vasculaires, diabète de type 2 et certains types de cancer), ce qui invite à questionner l’espérance de vie en bonne santé des individus.

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