Fournir une alimentation saine et de qualité en ville : le Micromarché, un système de distribution innovant
LES ACTES DE JIPAD 2017
Vidéo de présentation
MOTS-CLÉS : CIRCUIT COURT DE PROXIMITÉ, INNOVATION DANS LA DISTRIBUTION, SOLIDARITÉ, INNOVATION STRUCTURELLE, AGRICULTURE BIOLOGIQUE
e droit à l’alimentation est un droit de l’homme reconnu par le droit international qui protège le droit de chaque être humain « Là se nourrir dans la dignité, que ce soit en produisant lui-même son alimentation ou en l’achetant ». Telle est la définition du droit à l’alimentation donnée en 2008 par M. Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation. Les notions de dignité et de droit rassemblent trois idées :
- →la disponibilité, qui consiste à produire des aliments à partir de ressources naturelles et les distribuer en points de vente,
- →l’accessibilité, qui implique que l’alimentation soit financièrement abordable,
- →le caractère adéquat, qui signifie que l’alimentation doit combler les besoins diététiques et nutritionnels de chaque individu via des produits de qualité.
L’association ECOS Nantes a décidé d’agir en créant le Micromarché en 2013 ; c’est un système de distribution mêlant alimentation de qualité, solidarité et relations avec les producteurs.
L’ACCÈS À UNE ALIMENTATION DE QUALITÉ RESPECTUEUSE DE L’ENVIRONNEMENT : UNE TRANSITION EN MARCHE
Lsensibilité pour des pratiques agroenvironnementales et pour la qualité des aliments augmente.
Selon une étude du centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) en 2016, près de huit français sur dix déclarent privilégier la qualité par rapport au prix dans leurs choix alimentaires.
Selon une autre étude, menée en 2016 par l’observatoire société et consommation (Obsoco) auprès de 3 500 personnes, 59 % des Français seraient prêts à payer davantage afin de s’assurer des produits alimentaires sûrs et de qualité. L’article de Pierre Breteau paru en septembre 2016 dans « Le Monde » annonce qu’une personne sur sept vivrait sous le seuil de pauvreté[1] en France. Une autre enquête de l’Obsoco de la même année avance que : « Si les plus hauts revenus sont particulièrement nombreux à porter davantage leur attention sur la qualité des aliments qu’ils consomment, il est notable de constater que même les ménages disposant des revenus les plus faibles sont près de 75 % à avoir déclaré y être de plus en plus attentifs. »
Ces faits soulignent une inégalité d’accès à une alimentation saine et équilibrée, mais une attente généralisée pour ce type d’alimentation. Si un relatif confort financier permet d’y accéder, ne pas être dans une situation financière aisée n’interdit pas d’y être attentif.
Des consommateurs plus attentifs
La population porte une attention croissante aux modes de production agricoles quand les scandales alimentaires s’enchaînent. De ce fait, la
1. Pour rappel, le seuil de pauvreté correspond à un revenu mensuel inférieur à 840 euros (ou 1 000 euros après impôts et prestations sociales) [Insee, 2014].
Des alternatives naissantes
En réponse à ces attentes et constats, de nombreuses alternatives émergent. De nombreuses personnes en France consomment des produits issus de l’agriculture biologique par souci d’écologie et de qualité (en 2014, 87 % des français estiment les produits bio bons pour la santé et l’environnement). Selon l’Agence Bio, ceci concerne 9 personnes sur 10 (89 %) en 2015, dont 65 % en consomment de manière régulière (contre 37 % en 2003). Ce changement semble également impacter l’intégralité de la filière. En effet, l’Agence Bio comptait, au 30 juin 2016, 31 880 producteurs, soit 10 % de plus qu’en 2015, et 14 300 opérateurs de l’aval (c’est-à-dire distributeurs, importateurs et transformateurs), soit 6 % de plus par rapport à la même année.
Les modes de consommation évoluent ; un article du site web « Mr Mondialisation » datant du 3 février 2017 annonce un premier recul des achats dans les supermarchés au profit du local et de l’alternatif. En effet, les ventes au sein des grandes et moyennes surfaces auraient baissé de 0,2 % en 2016. Si cette baisse reste faible, elle est néanmoins significative et peut être imputée à de nouvelles habitudes de consommation des ménages. Il semblerait que la population commence à se tourner vers « l’utile » en dépit du « futile ».
Outre les magasins bio (type Biocoop), des mouvements en faveur de nouveaux modes de distribution de produits locaux (et le plus souvent biologiques) voient le jour et prennent de l’ampleur.
Les AMAP (associations pour le maintien de l’agriculture paysanne) sont des associations loi 1901 créées en 2001. Elles sont dirigées par un comité de bénévoles et s’organisent autour de contrats passés entre un groupe de consommateurs et des producteurs qui définissent ensemble la diversité et la quantité de denrées à fournir pour chaque saison. Les productions sont payées en amont, ce qui assure un revenu aux agriculteurs. Les consommateurs récupèrent ensuite leur panier de manière hebdomadaire. Aujourd’hui plus de 1 600 AMAP existent en France. Cette alternative permet un rapprochement entre le producteur et le consommateur tout en privilégiant le local. Le mode de production n’est pas forcément biologique. L’inconvénient principal est la nécessité d’être disponible
chaque semaine aux mêmes heures afin de récupérer son panier.
Les ruches (« ruche qui dit oui ! ») datent de 2011 et possèdent une finalité similaire à celle des AMAP : mieux valoriser le travail des producteurs, favoriser le local, les circuits courts et faciliter l’accès à des produits plus sains (mais sans être obligatoirement biologiques). La différence ici, c’est que le consommateur n’est pas adhérent mais client d’une ruche. L’inconvénient, c’est que le producteur ne récupère pas 100 % du prix de vente et n’a pas d’avance de trésorerie. Une polémique existe quant à l’éthique de cette organisation, d’autant que les ruches appartiennent à une société qui récupère 16,7 % (hors taxes) du chiffre d’affaire des agriculteurs.
LE MICROMARCHÉ D’ECOS, UN SYSTÈME INNOVANT DE DISTRIBUTION
Éléments d’histoire
Cette innovation est portée par l’association ECOS, créée en 2006. Cette organisation expérimente des projets transversaux ayant pour ambition de mettre en lien écologie urbaine, art et pratiques alternatives sur Nantes et sa métropole. Avec aujourd’hui huit salariés et plus de 350 adhérents, ECOS souhaite redynamiser les relations entre les habitants, embellir les cadres de vie, encourager la mutualisation autour de l’écologie et végétaliser la ville.
Le Micromarché est un des projets de l’association, dont l’objectif est de participer à la mise en place d’un système alimentaire durable sur le territoire de Loire-Atlantique, tout en recréant du lien entre les acteurs. Le but spécifique est de développer un réseau de distribution (des « micromarchés ») sur la métropole nantaise avec un point de vente central (une épicerie créée elle aussi par ECOS). À terme, l’ambition est de faire évoluer le projet vers une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Ainsi, l’ensemble des acteurs des filières et les consommateurs s’associeraient afin de prendre les décisions collectivement.
À l’origine, le Micromarché ciblait les personnes éloignées de l’agriculture biologique ayant un revenu inférieur au seuil de pauvreté. Au fil des années, la tendance révèle que le public visé est bien présent mais qu’il est progressivement dominé par une population urbaine assez aisée.
Enfin, le Micromarché, qui s’inscrit donc dans
une logique de circuit court en proximité cogéré par ses adhérents, permet aux consommateurs de commander des produits biologiques et locaux, « à la carte » et à des prix raisonnables.
Le Micromarché dispose actuellement de trois points de distribution sur la ville de Nantes. Chacun d’entre eux compte 35 à 40 adhérents. Les points de distribution sont ouverts une fois par semaine entre 17h30 et 19h. Cette plage horaire a été choisie en fonction du mode de vie des clients. De nombreuses filières sont inclues dans le Micromarché, puisque 17 producteurs bio basés à moins de 100 kilomètres de Nantes participent au projet. Une large gamme de produits variés est proposée : des fruits et légumes (frais et transformés), du pain, de la farine, du miel, du vin et de la bière, des œufs, des pâtes, du vinaigre.
Fonctionnement
Les produits composant le panier varient selon leur disponibilité et la saison. La commande et le paiement sont réalisés une semaine avant la distribution afin d’appréhender les stocks [Figure 1]. L’adhérent n’a pas l’obligation de commander chaque semaine ; la fréquence et la composition du panier sont libres.
FIGURE 1. FONCTIONNEMENT DU MICROMARCHÉ
Depuis la position d’adhérent
Afin de bénéficier des avantages du Micromarché pour un an, il est d’abord nécessaire d’adhérer à l’association ECOS en payant 10 euros. L’adhérent peut ensuite commander les produits souhaités sur un site web qui expose les produits disponibles et renseigne sur les producteurs et leur mode de production (www.micromarche.fr). La commande peut également se réaliser sur le lieu même de la distribution (une aide est fournie sur un ordinateur mis à disposition). Lors du paiement en ligne, une cotisation sociale est demandée à l’adhérent. Celle-ci est comprise entre 0,10 et 2 euros et elle est libre de choix. La cotisation permet à l’association de perpétuer de tels projets. L’adhérent récupère ensuite son panier le jour prévu au point de distribution auquel il s’est préalablement inscrit. Le client compose lui-même son panier via des listes récapitulatives des commandes et par des balances mises à disposition. Les adhérents sont chargés de veiller au bon déroulement des distributions en se servant de manière honnête et respectueuse, mais également en participant aux avancées et aux réflexions du projet.
Depuis la position de producteur
Le producteur n’a pas l’obligation d’adhérer à l’association. Généralement, son recrutement se fait soit de manière spontanée, soit suite à la recherche d’ECOS. Le producteur renseigne la disponibilité de ses produits et assure la livraison de ces derniers sur le ou les point(s) de distribution attribué(s). Les relations entre les producteurs et ECOS sont fortes car les commandes sont communiquées par l’association. Cette dernière achète les produits à 89 % de leur prix de vente originel et couvre les frais de transport.
Depuis la position de l’association ECOS
L’association ECOS gère les commandes et la bonne réception des produits « secs » [Figure 2]. ECOS possède de nombreux partenaires tels que d’autres associations (la Nizanerie ou l’Acavale par exemple), qui assurent l’acheminement des produits secs aux différents points de distribution et l’animation de ces derniers. Les membres des associations partenaires sont rémunérés par ECOS ; chaque point de distribution devient autonome financièrement grâce à cette organisation. En réponse aux efforts de cotisations sociales et dans le but de renforcer
le lien producteur-consommateur, l’association propose également des « apéros conviviaux » (des rencontres avec les producteurs) et des cours de cuisine.
ÉVALUATION DE LA DURABILITÉ DU MICROMARCHÉ
Pourquoi ça marche ?
Le projet de Micromarché s’inscrit dans une logique de durabilité car il impacte positivement « les trois piliers du durable » : l’économie, l’environnement et le social. En effet, le projet favorise les liens sociaux, l’environnement et l’accessibilité économique.
Ce programme présente par ailleurs une logique coopérative puisque tous les acteurs y ont un rôle précis, une place juste et réfléchie collectivement.
FIGURE 2. « AU MICROMARCHÉ »
D’un point de vue environnemental
Le Micromarché fournit des produits de saison issus de l’agriculture biologique, respectueuse de l’environnement. Ceci pourra à long terme induire une augmentation des surfaces en bio au sein du territoire. L’impact négatif sur le plan environnemental du projet est faible, de par le type de circuit de distribution : l’ensemble du système fonctionne sur le modèle d’un circuit court de proximité, puisque les producteurs se trouvent dans un rayon de 100 kilomètres, partagent la notion d’un même terroir et proposent toujours des aliments en accord avec les saisons. Les intermédiaires sont limités à un ou à deux, car les producteurs fournissent directement les points de distribution ou confient leurs produits au siège de l’association ECOS.
Une attention particulière est portée sur la logistique de la partie « distribution ». Entre le siège de l’association et les points de distribution, les membres des associations partenaires favorisent les modes de transport « doux » comme le vélo, le tramway ou encore la marche à pied. Cela est aussi valable pour les adhérents : les trois points de Micromarchés sont situés de telle sorte qu’ils soient facilement accessibles sans voiture.
Une des idées initiales de cette innovation était de s’inscrire dans un système alimentaire territorial impliquant différents acteurs. Grâce aux actions réalisées, la sensibilisation des adhérents (et consommateurs) est très forte, ce qui favorise la bonne connaissance des modes de production et des modes de distribution écologiquement viables.
Le projet s’inscrit également dans la lutte contre les déchets et le gaspillage alimentaire. Une collecte des pots vides et des boites d’œufs s’est donc instaurée afin de limiter le nombre d’emballages et autres contenants polluants. Des cours de cuisine sont proposés afin de mieux gérer et d’intégrer ce qui est pensé comme étant des « déchets » (vert des poireaux, fanes de carottes ou de betteraves, etc.) dans des recettes imaginatives et créatives.
D’un point de vue socioéconomique
Le projet s’inscrit dans une logique d’économie sociale et solidaire. Le fonctionnement du Micromarché génère une rémunération juste pour le producteur et des prix justes pour le consommateur. L’agriculteur touche la quasi-totalité du prix de vente initial de sa production. La concurrence entre les producteurs est inexistante, car ECOS prend soin d’évaluer la demande en fonction du nombre d’adhérents. Ainsi, l’agriculteur ne ressent pas de déséquilibre entre son offre et la demande.
Le consommateur, quant à lui, accède à une alimentation de qualité pour un prix raisonnable, qui ne dépasse pas le prix du bio en magasin spécialisé. Tous les « profils » économiques ont donc la possibilité de se fournir en produits bio et locaux : la mixité sociale est réalisable. Un lien privilégié existe entre le producteur et le consommateur par des rencontres organisées. Ainsi l’agriculteur peut pressentir les besoins du consommateur et ce dernier peut connaitre la manière dont les aliments sont produits.
Un climat de solidarité est ressenti dans ce projet et se confirme par l’existence de la cotisation sociale. Ainsi l’adhérent participe selon ses possibilités au bon fonctionnement global du Micromarché.
Le succès et la durabilité du Micromarché sont possibles car chaque acteur y joue activement son rôle. Il est facile de percevoir la conviction et la conscience de chacun lorsque l’on se trouve dans un Micromarché.
La plupart des agriculteurs participent au projet pour y trouver un complément de revenu, mais surtout par conviction. Les adhérents affirment qu’outre l’attractivité des prix, ils y participent afin de contrer le système alimentaire industrialisé. L’implication des adhérents est permise et encouragée par des réunions publiques et des décisions prises collectivement. Le Micromarché encourage l’échange, la réflexion et la co-construction d’un système alimentaire durable et solidaire sur le territoire de Nantes Métropole.
Enfin, l’implication d’associations partenaires d’ECOS favorise l’emploi local tout en encourageant le tissu associatif existant.
Les limites du Micromarché
Pourtant, malgré l’engagement de chacun, ce type de projet reste fragile et oblige à une vigilance permanente. Par exemple, certains producteurs furent refusés à un moment où l’offre était supérieure à la demande ou à cause du mode de production (non bio).
À présent, la demande des consommateurs est croissante. En effet, le nombre d’adhérents a triplé en six ans, et il est parfois difficile de répondre correctement à la demande avec le nombre de producteurs engagés. Il est également nécessaire d’augmenter le nombre de points de distribution et de trouver plus de moyens financiers, matériels et humains. L’équilibre entre le nombre d’adhérents et le nombre de producteurs nécessaires est stratégique.
De plus, les risques de désaffection sont encore présents puisque le producteur ne touche pas 100 % du prix de vente initial et que la fréquence des commandes n’est pas stable. Le Micromarché en tant que débouché principal pour un producteur n’est pas totalement sûr et viable, compte tenu de la variabilité entre l’offre et la demande.
Le « local » peut également présenter des désavantages : un aléa climatique peut empêcher
d’accéder à certains produits. De plus, le territoire ne permet pas la culture de certains produits ; or les adhérents ont demandé à recevoir, par exemple, des oranges dans leurs paniers. Pour cela, ECOS dut contacter un producteur d’Espagne « responsable » dans ses modes de production. Cependant, il est légitime de se questionner sur la limite entre la demande du consommateur et la définition « géographique et idéologique » d’un circuit court.
D’un point de vue organisationnel, le stockage des produits secs au siège de l’association est un autre point faible, car il n’existe pas de local approprié. Le mode de conservation de produits n’est donc pas optimal.
Les paniers sont confectionnés sur place par les adhérents eux-mêmes. De ce fait, des erreurs sont possibles et des personnes ne reçoivent pas leur panier complet. Ces désagréments n’ont pas encore occasionné de conséquences gênantes, néanmoins cette méthode n’est pas optimale.
Enfin, ce type de modèle fonctionne très bien à Nantes, mais il n’est pas certain qu’il soit reproductible ailleurs. Effectivement, les moyens qui génèrent ce bon fonctionnement sont principalement d’ordre humain, ce qui est un facteur « aléatoire ». Si ici l’humain est un levier, il peut être dans certaines situations un frein.
Les perspectives du projet
L’association ECOS perçoit les besoins évolutifs du projet. Pour cela, de nouveaux produits sont proposés depuis peu (cosmétiques naturels tels que baumes à lèvres) et une réflexion autour de la distribution hebdomadaire de produits frais (viande, fromage, etc.) est en cours.
Un quatrième point de distribution est sur le point d’ouvrir afin de permettre à plus de gens d’adhérer au Micromarché.
Un point de vente « central » (une épicerie, bar et restaurant) ouvre en mars 2017 afin de pouvoir centraliser les stocks et d’augmenter le volume de denrées. Via cette nouveauté, des emplois locaux seront disponibles. Le bar et le restaurant seront accessibles à tous, ce qui permettra de communiquer à plus grande échelle et d’attirer potentiellement de nouveaux adhérents.
Afin d’approfondir la nature solidaire du projet, ECOS a décidé d’attribuer au Micromarché le statut de SCIC afin de laisser aux futurs actionnaires la libre cogestion du projet.
CONCLUSION
Le fonctionnement du Micromarché se situe au croisement du fonctionnement d’une AMAP et d’une ruche. Le Micromarché rencontre jusqu’à présent un franc succès et s’inscrit dans une gestion harmonieuse.
En effet, les « micromarchés » visent à réduire différents types de distances :
- →cognitive : des réflexions sur les circuits courts, sur la manière de consommer et sur les systèmes alimentaires permettent à chacun d’acquérir des connaissances et de se réapproprier autrement l’alimentation ;
- →politique, en proposant un système plus démocratique et en favorisant l’implication citoyenne ;
- →géographique, car le local et les circuits courts y sont prônés ;
- →économique, puisque le nombre d’intermédiaires est considérablement réduit et un projet d’économie sociale et solidaire sur le territoire est développé ;
- →sociale, par l’encouragement de la mixité. Les micromarchés sont ouverts à tous et ils participent à la création d’emplois locaux.
Les forces de ce projet sont la nature de ses valeurs et l’implication de la totalité des acteurs. Cela est bien illustré par le fait suivant : les erreurs de panier sont en partie appréhendées par la générosité de la plupart des agriculteurs qui fournissent leurs produits en plus grande quantité dans le souci d’un problème éventuel. De leur côté, la majorité des consommateurs exprime sa compréhension si les paniers sont ponctuellement incomplets.
Le Micromarché est en constante évolution pour s’adapter à la demande et aux besoins des différents acteurs. Ce modèle, adapté à la ville de Nantes, est un excellent moyen d’encourager les citoyens à prendre conscience de l’importance des modes de production, de la qualité des aliments et à repenser le système alimentaire actuel.
BIBLIOGAPHIE
BRETEAU P., 2016. Une personne sur sept sous le seuil de pauvreté en France : comment comprendre ce chiffre. Disponible sur Internet : https://goo.gl/L99YmP [consulté le 02/02/2017]
CREDOC, 2016. Alimentation : huit français sur dix privilégient la qualité sur le prix . Disponible sur Internet : https://goo.gl/Qct5q8 [consulté le 31/01/2017]
DE SCHUTTER O., 2008. Discours sur le droit à l’alimentation . Disponible sur Internet : http://www. srfood.org/fr/droit-a-l-alimentation [consulté le 31/01/2017]
INSEE, 2014. Observatoire des inégalités, France métropolitaine. Disponible sur Internet : http:// www.inegalites.fr/spip.php?article343 [consulté le 02/02/2017]
MR MONDIALISATION, 2017. Rapport : les supermarchés reculent au profit du local et de l’alternatif . Disponible sur Internet : https://goo. gl/3fKvrM [consulté le 04/02/2017]
OBSOCO, 2016. La qualité prime sur le prix. Disponible sur Internet : https://goo.gl/BMrFQZ [consulté le 31/01/2017]
Entretiens
COURIEULT F., chargée de mission circuits courts et alimentation, Association ECOS, entretien le 19/01/2017 à Nantes.
LEMEILLEUR S., chercheur en économie du développement, Cirad Montpellier, entretien le 02/03/2017 à Montpellier.
POISBEAU F., assistant de projet en circuit court de proximité, Association ECOS, entretien le 20/01/2017 à Nantes.
En savoir plus
ASSOCIATION ECOS, page Facebook (créée par un adhérent !) https://www.facebook.com/AssoEcos
ASSOCIATION ECOS. Site web de l’association : http:// www.ecosnantes.org [consulté en novembre 2016]
ECOS, blog : http://www.ecosnantes.org/blog/
MICROMARCHE, site internet : http://www. micromarche.fr/
TERRITOIRES, 2016. Nantes : le Micromarché, alternative saine et solidaire aux hypermarchés . Disponible sur Internet : https://goo.gl/guus2N [consulté le 31/10/2016]