Mécanisation de la post-récolte de quinoa : l’innovation au service des cultures ancestrales !
LES ACTES DE JIPAD 2017
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MOTS-CLÉS : QUINOA, MÉCANISATION, POST-RÉCOLTE, AGRICULTURE FAMILIALE, ARGENTINE
Le quinoa est repositionné depuis quelques années dans les marchés internationaux. En Argentine – pays producteur et exportateur de cette graine – plusieurs initiatives de promotion de la culture ont été mises en place. Parmi elles, une démarche de recherche-action participative visant la mécanisation de la post-récolte – tache faite normalement à la main –, grâce à des prototypes mobiles conçus pour leur utilisation partagée par des petits agriculteurs. Nous analyserons les avantages et inconvénients associés à cette innovation technique-organisationnelle, ainsi que les différents scénarios que le jeu d’acteurs impliqués peut déclencher.
FIGURE 1. RÉGION DU NORD-OUEST ARGENTIN
QUINOA : LA « GRAINE D’OR »
Le quinoa ( Chenopodium quinoa Willd ) est originaire de l’altiplano de la Cordillère des Andes, et son histoire dans la région a plus de 7 000 ans. Il fait partie d’un groupe de cultures ancestrales appelées « andines » – comprenant aussi l’amarante – dont la production et la consommation dans le Nord-Ouest argentin (NOA) [Figure 1] ont été quasiment abandonnées après la colonisation espagnole au début du XVI[e] siècle. Il a été relégué au rang de plante ornementale et rituelle (pour certaines cérémonies traditionnelles). Mais l’augmentation de la demande pour cet aliment sain[1] et exotique (notamment dans les pays du Nord), l’évolution favorable des prix internationaux, la croissance du tourisme dans la région et la
1. Le quinoa est un aliment à haute valeur biologique, car il contient dans ses protéines l’ensemble des acides aminés et gras essentiels et plusieurs fibres, minéraux, vitamines A, B et C, ainsi que des carbohydrates à haute digestibilité (FAO, 2014).
valorisation gastronomique des cultures andines au cours de la dernière décennie ont changé son statut et ouvert de nouvelles opportunités.
LE QUINOA : UN LEVIER POUR L’AGRICULTURE FAMILIALE DU NOA
Ce contexte a favorisé la mise en place de programmes de réintroduction du quinoa qui, portés par des acteurs divers, ont eu des résultats limités. En ce sens, l’établissement en 2005 de l’Institut de recherche et de développement technologique pour l’agriculture familiale (IPAF-NOA) a été décisif. En reconnaissant les cultures andines, dont le quinoa, en tant que « leviers du développement de l’agriculture familiale[2] » (Alcoba, 2016), l’IPAF-NOA lance une démarche de revalorisation. L’organisation d’ateliers d’échange regroupant les
2. L’agriculture familiale représente dans la région environ 40 000 exploitations.
acteurs autour de la culture (agriculteurs, universités et organismes de recherche, etc.) a été l’un des premiers pas dans l’identification des freins et leviers à son développement.
LA POST-RÉCOLTE : LE GOULOT D’ÉTRANGLEMENT
Outre les problèmes liés à l’approvisionnement ou à la sélection variétale, la pénibilité des taches de post-récolte du quinoa a été identifiée comme un important goulot d’étranglement, limitant les volumes à traiter et la surface à cultiver.
FIGURE 2. DÉMARCHE DE RECHERCHE-ACTION PARTICIPATIVE
Le traitement post-récolte du quinoa comprend plusieurs étapes. Le battage se fait traditionnellement à la main ou avec des bâtons, animaux ou véhicules. Le vannage, qui permet ensuite d’éliminer les résidus et poussières, se fait à travers l’action naturelle du vent. Enfin, le tri se fait aussi manuellement et permet de séparer les grains selon leur calibre pour diverses destinations : les plus petits pour la fabrication de farine et les plus gros pour la commercialisation en grains. Ces étapes sont longues et fastidieuses, et représentent donc un frein pour les agriculteurs.
Ainsi, l’IPAF-NOA s’est lancé dans la recherche de solutions pour une mécanisation de ces étapes. Après l’analyse exhaustive de technologies préexistantes, l’institution a entrepris une démarche de recherche-action participative, impliquant des communautés d’agriculteurs aborigènes de la région et une PME métallurgique basée à Palpalá, Jujuy (FLAMA SRL), à travers un partenariat public-privé [Figure 2]. La démarche a compris l’évaluation de la performance d’une machine bolivienne dans le cadre d’expériences pilotes chez les agriculteurs pour la conception, fabrication et validation d’un prototype adapté localement [Figure 3].
FIGURE 3. ÉTAPES DE CONCEPTION DES PROTOTYPES DE MÉCANISATION POST-RECOLTE DE QUINOA
LE RÉSULTAT : UN PROTOTYPE ADAPTÉ ET EFFICACE…
Ce prototype comporte deux modules : une trieuse et une calibreuse. La première fonctionne par un système de flux axial offrant une large surface de battage et une meilleure efficacité du tri. La calibreuse consiste en un ensemble de tamis vibratoires permettant l’élimination de résidus provenant du battage et, par le même principe, le tri des graines de quinoa en deux calibres. Avant la mise en sacs de stockage, la machine effectue un vannage final, par aspiration des résidus légers et des poussières. Ce traitement mécanisé permet d’accroître considérablement les volumes de quinoa traités quotidiennement et d’obtenir un produit propre, de qualité donc de meilleure valeur commerciale.
… POUR UNE UTILISATION PARTAGÉE
Compte tenu des petites surfaces cultivées (environ 2 ha/exploitation), des faibles volumes gérés (5 t/exploitation) (Daza et al ., 2015) et des difficultés des agriculteurs pour accéder au financement (le coût de la machine est estimé à 8 300 USD), les prototypes ont été conçus pour un usage collectif au sein de groupes de 10 à 20 agriculteurs. Compact, léger et muni de pneus démontables et interchangeables, l’ensemble du système peut être transporté dans des fourgonnettes jusqu’aux exploitations (situées à environ 10 km les unes des autres). En juillet 2016, quatre prototypes ont été attribués aux groupes d’agriculteurs à Seclantás (Salta), Santa Maria (Catamarca), Rodero et Yavi (Jujuy) [Figure 3]. En contrepartie, chaque groupe – piloté par un coordinateur, un conseiller technique et un agriculteur référent – s’est engagé dans la formation d’un responsable de la maintenance et le respect d’un cahier des charges – conçu par l’IPAF-NOA puis validé par chaque groupe – établissant les règles et responsabilités d’usage collectif du matériel.
On assiste donc à une double innovation : technologique et organisationnelle. Bien qu’elle soit encore récente, on peut s’interroger sur les avantages et inconvénients de la mécanisation des tâches de post-récolte du quinoa, associés directement aux prototypes et leur utilisation collective, mais aussi à la possible incidence de cette
mécanisation sur l’évolution de cette culture dans le contexte régional du NOA.
QUELS POTENTIELS POUR CETTE INNOVATION ?
Augmentation et stabilisation des revenus
Du point de vue des agriculteurs, le principal intérêt de la technologie est de leur permettre d’augmenter leurs revenus, grâce à la diminution du temps de travail et des coûts de main d’œuvre post-récolte (Alegre, 2015). Cela, ouvre la possibilité d’accroître en retour les surfaces cultivées. Pour certains, l’opportunité d’inclure le quinoa dans les systèmes agricoles a des implications en termes de stabilité : « Les agriculteurs valorisent la praticité du quinoa pour la réalisation de trocs, mais surtout pour ses avantages en termes de stockage, ce qui permet de décaler les périodes de revenu des familles en les stabilisant tout au long de l’année, et de profiter des évolution s favorables des prix » (Califano, 2017). Cette stabilité est stratégique car même si les systèmes de production locaux sont diversifiés (maïs, petits pois, pommes de terre, intégrés avec l’élevage de camélidés), la robustesse et l’adaptabilité du quinoa aux conditions extrêmes (de sécheresse et température) typiques du NOA[3] font de cette culture une ressource précieuse pour sécuriser la production.
L’humanisation de la post-récolte
La culture du quinoa est d’habitude une activité gérée par les femmes, lorsque leurs maris sont employés ailleurs. Lorsqu’on les interroge sur les bénéfices de l’innovation technique, elles mettent en avant l’« humanisation »[4] des tâches associées à la post-récolte.
Mais au-delà de cela, la mise en place d’initiatives favorisant la culture du quinoa peut encourager la participation des femmes à la sphère associative et aux activités collectives. Le fait
3. Les agroécosystèmes du NOA sont formés par une succession de « couches agroécologiques » (définies par des gradients d’altitude entre 1 800 et 3 600 m, avec des pics à 5 000 m) déterminant la variabilité des sols, des précipitations (entre 80 et 33 mm/an), et une amplitude thermique.
4. Cette tâche, ressentie comme inhumaine par les femmes la pratiquant avant l’introduction de cette technologie, est à présent plus légère d’exécution et moins épuisante pour elles.
qu’environ 50 % des membres du groupe de Rodero par exemple soient des femmes, et que ce soit une femme (Eva) sa « référente quinoa », sont des signaux allant dans ce sens.
L’action collective et la redynamisation du territoire
Le caractère partagé des prototypes favorise l’accès à des technologies autrement inaccessibles pour l’agriculture familiale, ainsi que la mise en réseau des agriculteurs et l’encouragement des interactions, en ouvrant de nouveaux espaces de dialogue et de débat. Ce dernier aspect est clé dans la création d’une dynamique d’innovation durable.
Par ailleurs, et pour d’autres acteurs locaux (l’État provincial, les institutions de recherche et développement, etc.), le développement du quinoa à travers la mécanisation de sa post-récolte peut entraîner un regain d’intérêt de la part des pouvoirs publics et des organismes d’aide internationaux et, donc, de nouveaux investissements en infrastructures, recherche et projets de développement, tel qu’on l’a constaté sur l’Altiplano bolivien, suite au phénomène connu du « boom du quinoa[5] » des années 80 (Winkel et al ., 2015). Laura Califano témoigne en ce sens : « Cultiver du quinoa représente pour les agriculteurs une stratégie de positionnement face à des projets de développement, et ouvre les portes à des nouveaux programmes de subventions et financements. »
Consolidation du réseau local de PME
Cette logique de dynamisation du territoire peut aussi s’exprimer au niveau du réseau des petites entreprises métalliques et mécaniques impliquées – directement ou indirectement – dans la démarche. Leur participation est un levier de croissance et d’expansion, à partir du développement de technologies spécifiques pour l’agriculture familiale locale : « Cette initiative est une opportunité de se faire connaitre, d’étendre les unités commerciales vers des produits et services complémentaires pour la post-récolte du quinoa, mais aussi pour d’autres cultures telles que chia,
5. Processus d’expansion de la culture de quinoa qui a signifié une augmentation de 206 % de la superficie cultivée entre 1972 et 2005 et qui a fait de la Bolivie le premier exportateur mondial.
moutarde, sésame, etc., ainsi que de toucher des nouveaux marchés, du régional (demandes des producteurs de quinoa d’autres provinces) à l’international » (Abarza, 2017).
QUELS FREINS ?
L’outillage en tant que bien commun et les controverses associées à l’action collective
La dimension collective de cette technologie présente aussi ses contraintes et certains indices le signalent. Autour de la constitution des groupes, tandis que certains sont formés par des agriculteurs appartenant à la même communauté aborigène – ce qui signifie une origine, une culture et une organisation communes –, dotée d’un statut juridique qui règle sa gouvernance, d’autres sont le résultat d’un regroupement d’agriculteurs de diverses origines, rassemblés par l’IPAF-NOA[6] selon une logique de proximité géographique. L’hétérogénéité au sein des groupes, les différences en termes de degré d’institutionnalisation et de trajectoire dans l’action collective font varier la force des liens et les dynamiques de coopération, ce qui conditionne en fait la capacité d’adhésion à une logique de partage de l’outil et limite la pérennité et la stabilité de la démarche collective.
L’absence de barrières à l’entrée de nouveaux individus dans les groupes peut également entraver l’action collective, en favorisant des comportements de free riding[7] de certains agriculteurs – qui rejoignent et abandonnent les groupes d’une année à l’autre –, et en entraînant des difficultés pour contrôler la taille des groupes.
Par ailleurs, l’accumulation d’expériences pas tout à fait positives, vécues dans le cadre de projets collectifs antérieurs, peut aussi limiter la coopération autour de cette mécanisation.
Enfin, les groupes dépendent de financements externes –provenant de programmes d’aide
6. Dans le cadre d’une initiative précédente, l’IPAF-NOA a coordonné la formation de groupes dénommés ITI (Initiative de transfert d’innovation). Ce projet, encore en cours, favorise l’accès aux technologies et la compétitivité dans l’agriculture (il est financé par le Programme de services agricoles provinciaux PROSAP et le ministère d’Agriculture de la Nation).
7. Free riding (ou passager clandestin) : intérêt d’un acteur de profiter des bénéfices d’une action collective sans participer aux coûts ou aux efforts de l’action (Olson, 1965).
de l’État. Or « la capacité de chaque groupe à accéder au financement dépend en grande partie de son dynamisme et de celui du conseiller dans la recherche de subventions, de crédits et d’appels à projets » (Califano, 2017). Cette condition et cette dépendance fragilisent les groupes et sont une source d’incertitude, notamment dans un contexte de changement de gouvernement.
Une technologie difficilement transférable à d’autres cultures
Pour la fabrication des prototypes, l’IPAF-NOA et son partenaire métallurgique ont donné la priorité à l’utilisation de pièces d’origine nationale. En revanche, le moteur est importé, ce qui limite la sécurisation des approvisionnements et a des impacts directs sur les coûts et délais de fabrication ou d’entretien.
Par ailleurs, si la flexibilité des modules a bien été un facteur important pris en compte lors de la conception de la machine, les agriculteurs signalent l’impossibilité de les adapter pour des taches de post-récolte sur d’autres cultures.
Une filière faiblement structurée
Bien que plusieurs initiatives de valorisation du quinoa aient été mises en place (élaboration de bonbons à base de quinoa, quinoa soufflé et pressé à Jujuy, projet d’élaboration de farine à Catamarca), la majorité de la production régionale se vend encore sous forme de graine, sans valeur ajoutée. A Jujuy en particulier, 95 % du quinoa provenant de l’agriculture familiale se commercialise sur des marchés informels au centre-ville. Une autre partie se vend dans des restaurants, foires, hôtels locaux, etc. Des raisons logistiques entravent l’accès à des marchés éloignés. En s’intégrant au sein d’organisations (Red Puna, Association de Producteurs de la Puna y Quebrada) ou de coopératives, certains agriculteurs tentent de faire face aux contraintes de la vente individuelle (Ministère d’Agro-industrie de la Nation, 2015), mais la puissance et le degré d’organisation de ces initiatives restent parfois insuffisants. En plus, elles proposent des paiements décalés (parfois de 3 à 4 mois), ce qui devient une source d’incertitude et freine les motivations des agriculteurs.
Enfin, la non régulation lors de l’entrée illégale de quinoa bolivien, dont le prix est notablement inférieur à celui du quinoa local ($ 25/kg vs .
$ 75/kg[8] ), rend difficile la concurrence. Ainsi, dans certaines régions, le quinoa bolivien représente jusqu’à 80 % des volumes commercialisés (Ministère d’Agro-industrie de la Nation, 2015).
Concernant la consommation locale, plusieurs programmes de réintroduction du quinoa dans les assiettes ont été mis en place au cours des dernières années, mais leurs résultats ont été limités, du fait de la désarticulation entre les différents organismes porteurs (INTA, Prohuerta, Centres d’assistance primaire à la santé, etc.) et de financements discontinus.
La faible structuration de la filière et le manque de dispositifs de vente collective constituent donc des risques évidents face à l’augmentation éventuelle des volumes à commercialiser – qui irait de pair avec la mécanisation de la post-récolte : « Maintenant la quantité qu’on produit est tellement petite qu’elle est facile à placer, mais s’on arrive à produire plus, je ne sais pas comment on va faire pour vendre » (Farfan, 2017).
La vulnérabilité face aux marchés internationaux et les impacts sur la durabilité des agroécosystèmes
Le prix du quinoa dépend directement du marché international. Ainsi, on peut s’interroger sur l’incidence que des technologies telles que la mécanisation de la post-récolte peuvent avoir sur les choix des agriculteurs, qui seraient tentés d’augmenter la proportion de quinoa dans leurs rotations ou de s’étendre vers des terres plus fragiles. En outre, la méconnaissance des aspects techniques pour l’entretien d’une culture qui, paradoxalement est nouvelle pour eux, peut se traduire par la mise en place de pratiques non durables. Des indices dans ce sens sont déjà visibles : « Aujourd’hui, je vois beaucoup plus de ravageurs sur le quinoa qu’il y a 12 ou 13 ans. Les agriculteurs ont commencé à produire avec des produits agrochimiques » (Farfan, 2017).
À cet égard, l’expérience bolivienne est parlante : face au succès commercial du quinoa, les agriculteurs se sont mis à cultiver des zones plus marginales, ce qui a entraîné de nouveaux problèmes ; outre la réduction des rendements, l’expansion du quinoa sur des plaines jusqu’alors dédiées au pâturage a entraîné une
8. 1 € équivalent à $ 16,4 (pesos argentins, même symbole que le dollar américain).
marginalisation de l’élevage et des effets négatifs sur les ressources en fumure, mais aussi de l’érosion éolienne et la prolifération de ravageurs (Winkel et al., 2015).
UNE ALTERNATIVE FACE AUX CONTRAINTES ?
Dans la province de Jujuy, la mécanisation de la post-récolte de quinoa s’inscrit dans une stratégie « holistique » visant toute la filière et basée sur la formation (en 2014) du Complejo de quinua Jujuy . Cette plateforme réunit tous les acteurs autour de la culture dans la définition d’un Plan d’amélioration compétitive (PMC) – soutenu par les gouvernements provincial et national –, comprenant plusieurs actions, notamment : i) la promotion d’une production agroécologique (avec l’appui de la recherche) à travers la formation des agriculteurs et techniciens, la mise en place de parcelles d’expérimentation et la création d’un cahier des charges de bonnes pratiques agricoles ; ii) la construction d’infrastructures pour la production primaire et la valorisation, comprenant la mise en place d’une petite industrie locale de transformation ; et iii) le soutien à la commercialisation, à travers la conception du packaging, la promotion du quinoa en tant que produit local et indigène, et la définition d’un label basé sur un SGP (système de garanties participatives).
CONCLUSION
La mécanisation de la post-récolte de quinoa à travers des prototypes d’utilisation collective entre agriculteurs du NOA constitue une double innovation, technique et organisationnelle, capable de contribuer à l’humanisation de ces tâches et à la sécurisation des revenus de l’agriculture familiale.
Néanmoins, la pérennité de cette démarche et sa trajectoire dans une logique de durabilité exigent la construction d’un cadre approprié, ce qui implique de nouveaux enjeux associés notamment :
- →à l’action collective et la création de capital social (à partir de mécanismes d’institutionnalisation complémentaires des groupes d’agriculteurs, de leurs droits sur l’outil, afin de promouvoir la confiance, les engagements de longue durée et la dynamique d’innovation) ;
- →à la structuration d’actions en aval (renforcement de dispositifs de vente collective et d’une infrastructure de transformation, régulation du commerce illégal, promotion de la consommation locale, etc.) ;
- →et à l’accompagnement des acteurs dans l’évolution vers des systèmes agricoles durables, basés sur les principes de l’agroécologie.
BIBLIOGRAPHIE
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Entretiens
Cette étude s’est également basée sur les entretiens suivants, dont les contenus sont venus enrichir l’analyse :
GOLSBERG C., chercheur à l’Institut de recherche et développement technologique pour la petite agriculture familiale IPAF-NOA, INTA, entretien le 11/01/16 à Montpellier.
WINKEL T., chercheur IRD au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive, entretien le 15/03/17 à Montpellier.
En savoir plus
ALVARRACIN A., GALIAN D., 2015. Promotion du quinoa et de la souveraineté alimentaire à travers l’action du soin primaire de la santé et le Programme Prohuerta à la Quebrada de Humahuaca . Actes V Congrès mondial et II Symposium international de grains Andins, Mai 2015, Jujuy, Argentine. Disponible sur Internet (texte en espagnol) : http://inta.gob.ar/documentos/promocionde-la-quinua-y-la-soberania-alimentaria-medianteel-accionar-de-atencion-primaria-de-la-salud-y-elprograma-prohuerta-en-la-quebrada-de-humahuaca
GOLSBERG C., ORCASISTAS E., CHAUQUE J. G , DAZA R, 2010. Le quinoa dans la région du Nord-Ouest argentin. Reconstruction des connaissances sur la culture, revalorisation culturelle et alimentaire. Institut de recherche et développement technologique pour la petite agriculture familiale NOA (IPAF-NOA). Bolivie, Actes III, Congrès mondial du quinoa, mars 2010. Disponible sur Internet : http://quinua.pe/wp-content/ uploads/2016/11/script-tmp-intaipafnoa-la quinuaenlaregindelnoroeste_ar-1.pdf
MINISTERE D’AGRO-INDUSTRIE DE LA NATION, 2015. PMC ( Plan d’amélioration compétitive) : Complejo de quinua, Jujuy . Rapport interne. 16p. Disponible sur internet (texte en espagnol) : http:// www.alimentosargentinos.gob.ar/HomeAlimentos/ Cultivos%20Andinos/Quinua/Bibliografia%20 Quinua/4%20OTROS/Presentacion%20Complejo%20 Quinua%20de%20Jujuy%20para%20taller%20en%20 salta.pdf
ABARZA R., directeur de FLAMA SRL, entretien téléphonique le 25/01/17.
FARFAN E, agricultrice, Communauté aborigène de Rodero, entretien téléphonique le 09/02/17.
CALIFANO L., chef de l’Agence AER Humahuaca, INTA et coordinatrice du groupe Communauté aborigène de Rodero, entretien téléphonique le 08/02/17.
